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Faire le « Bien » mais qu’est-ce donc au juste ?

décembre 12, 2010

Réfléchissons sereinement à la vision du « Bien » occidentale. Je ne prétendrai pas définir le « Bien » ici mais seulement apporter des éclaircissements nécessaires à l’image que l’on a du « Bien » dans une civilisation en déclin à cause de son obstination à vouloir faire le « Bien ».

Ne peut-on pas s’interroger sur le bien-fondé du « Bien » tel que l’on se le représente quand on en voit les conséquences désastreuses de la même façon qu’un brave héberge un pauvre chez lui et en récolte toutes les peines qu’il n’avait pas envisagées jusqu’aux conséquences dramatiques probables. Ce brave a au moins le mérite de subir lui-même les conséquences de sa décision. Dans un conte pour enfant ou dans une fable, ce brave en question serait montré du doigt pour son irresponsabilité, son immaturité et sa bêtise. Imaginez le bon père de famille qui donne le gîte à un homme nécessiteux qui sera … le violeur de ses enfants. Il n’y a pas d’action qui ne doivent être réalisée sans une réflexion préalable et la mise en place d’une bonne stratégie de défense.

Qu’est-ce donc faire le « Bien » ? Est-ce de vouloir répondre à une image sainte qui donne bonne bonne conscience  ? Est-ce réaliser de bonnes actions chaleureuses auprès des malheureux  en guérissant le mal sans s’être préoccupé de le prévenir ? Ne dit-on pas  » Il vaut mieux prévenir que guérir  » ? Et bien voilà, avec ou sans christianisme, l’homme est empreint de religiosité ou plutôt, devrais-je dire, de cette volonté de plaire à un Dieu en dehors de lui ou en lui. Peu importe, l’homme veut plaire à lui-même et pouvoir se regarder dans une glace à la fin de sa vie. Mêmes les riches boursicoteurs dont l’existence pourrait nous apparaître un vain parasitage car ils s’enrichissent des mouvements de l’économie sans rien apporter à l’humanité, se donnent bonne conscience à travers les « Bonnes Oeuvres » en apportant une partie de leur bien à des associations humanitaires qui, semble-t-il, n’ont pas l’air d’arranger l’état du monde. Une partie de leur bien seulement. L’influence est peut-être religieuse après tout? Peut-être au fond de nous, croyants ou athées, se tapit un puissant espoir d’une vie après la mort à un niveau inconscient lequel nous fait agir de la sorte dans les circonstances ordinaires où les circonstances moins ordinaires révéleraient notre propre nature. Mais l’action porte-t-elle ses fruits ? Est-ce pour la beauté du geste et dans l’unique but de se soulager la conscience comme on assouvit toutes les autres parties de son ego et de sa chair ? Je suppose qu’une action en vue du « Bien » gagnerait à être pensée, pesée et réfléchie pour en donner le meilleur. Alors je me suis demandé si le mot « Bien » n’était pas un peu trop réducteur et si l’image que nous en avons n’est pas un peu trop caricaturée ?

La prospérité, l’amour, le bonheur, sont des concepts qui sont très fortement associé à l’idée de « Bien ». Ce seraient effectivement des résultats qui nous démontreraient que nous sommes arrivés à nos fins. De nos jours, cependant, nous constatons combien ceux qui s’évertuent à faire ce « Bien », par l’antiracisme, l’amour de la diversité, la discrimination positive et le laxisme, ont engendré le chaos, la souffrance, le malheur et la haine. Curieux paradoxe que celui de la poule bienfaitrice qui voulait faire plaisir au renard en lui donnant sa vie et son poulailler.

Par analogie, certaines femmes obsédées par l’idée de beauté, poussent sa recherche à l’extrême et multiplient les opérations et les injections jusqu’à des résultats singuliers. Croyant que la beauté était question de dimension, elles ont augmenté la taille des seins, celle des lèvres, les yeux, les joues … jusqu’à la caricature. Le résultat est abominable. De la beauté recherchée ressort la plus grande laideur. J’ai des témoignages saisissants sur ce sujet. Il manquait à ces femmes en recherche d’esthétique, la connaissance, la science. Elles ignoraient que la beauté est affaire de proportions et de règles strictes. Derrière la beauté se cachent les plus fameuses lois de l’équilibre dont seuls les érudits et les savants anciens, les alchimistes, avaient connaissance. Léonard de Vinci lui-même en avait fait l’étude précise. Fibonacci en détenait le secret des proportions avec sa suite mathématique bien connue. Ces pauvres femmes ignorantes, n’avaient que l’argent mais pas la science absolument fondamentale pour parvenir à leur fin. Un Faust, homme de science, y serait arrivé. La Beauté est régie par des lois d’équilibre. Pourquoi le « Bien » ne le serait-il pas ? Pourquoi le bien ne serait-il pas l’alliance subtile entre la bienveillance et la science ? Agir, certes mais agir en ayant connaissance de tous les tenants et aboutissants de l’action. L’action aveugle n’est que destruction.

Sous ce point de vue, l’image du Bien n’est plus vouée à la caricature ni à l’image d’Épinal. Il s’agirait de veiller à produire des actions qui auraient d’heureuses conséquences, à plus ou moins long terme. Le geste prendrait un nouveau tournant. Il ne serait plus tributaire de la volonté de se donner bonne conscience mais d’obtenir des résultats concrets à hauteur des attentes. Tout ce que je viens de dire jusque-là reste abstrait mais l’idée est simple. Bien agir c’est agir selon le bon dosage, avec la bonne maîtrise. Le maître dans un art, celui qui excelle est celui qui fait le bon geste au bon endroit au bon moment. Cela s’appuie sur l’expérience, la connaissance qui en découle. C’est le vrai sens du bien. Cela n’a rien a voir avec l’image religieuse sacrificielle qui n’améliore pas les conditions de chacun. Ce bien là dont je parle doit être responsable, réfléchi, fruit de nombreuses expériences pour savoir qu’il oeuvre dans la bonne direction et que ses conséquences ne seront pas fâcheuses. Le maître dans un art fait le bien puisqu’il fait bien son art. Sans cette maîtrise, il n’y aurait pas de bien. Pas de belles musiques, pas de beaux dessins, pas de mets raffinés. Rien ! C’est notre ressenti qui nous guide et nous fournit l’expérience par laquelle on dirigera mieux notre geste. Le bien devrait apaiser nos esprits, nous rendre plus heureux et parfois cela tient à des choses simples.

Les politiques d’aujourd’hui veulent oeuvrer pour le bien au nom du « plus jamais ça » levant l’étendard du pacifisme, de l’humanisme, et nourrissant la misère de monde. Pourtant le résultat est si piètre, si misérable, l’augmentation de la criminalité, le mensonge et les dissimulations dont on nous affuble, la destruction de la qualité de nos vies, la destructions des intellects forçant l’ignorance et l’abêtissement, la perte de nos repères, la perte de la foi en l’avenir, l’installation du chaos, les menaces futures, l’inversion des valeurs, devraient remettre en question très sérieusement les agissement de tels « bienfaiteurs » qui occupent les plus hauts postes. Ils se croient excellents alors qu’ils sont médiocres. En effet, ils prônent leur vision du bien, dans la politique, les médias, le show-business, les hautes fonctions administratives, nous y avons adhéré il fut un temps mais maintenant nous comprenons : ce n’est pas le bien, il se peut que ce soit le contraire.

S’occuper de ses proches, de sa famille, des siens et de soi-même, moins se plaindre, préférer la vérité et la justice, apprendre à aimer sa vie simple et tous les petits émerveillements qu’elle nous apporte sans trop en demander ne conviendrait-il pas mieux que ces grands gestes esthétiques et grandiloquents qui nous déguisent en bienfaiteurs ?

L »Eugéniste

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